Découverte de Fougères et son Pays
Un peu d'histoire et d'écrits à Fougères

Cité millénaire, Fougères est riche d’une histoire aux multiples rebondissements. Le pays alentour révèle un passé lointain. En témoignent les mégalithes de la forêt qui jouxte la ville.

 

Sur un îlot rocheux enserré entre les marais et les méandres du Nançon, la solide citadelle commandera les routes et veillera à la défense du duché.  Enjeu de luttes incessantes pendant trois siècles, le château bientôt prolongé par les murailles qui ceintureront la ville, sera le symbole de la baronnie. La fin de la Guerre de Cent Ans, le développement de l'artillerie et, plus tard, la perte de l'indépendance bretonne mettent un terme au rôle militaire de la ville.

 

Après le 19ème siècle, la ville aborde franchement l'ère industrielle. Elle devient en quelques décennies, l'un des principaux centres de la fabrication de la chaussure. Mais cette prospérité nouvelle connaîtra la douloureuse parenthèse du bombardement de juin 1944. Les efforts de diversification économique et de mise en valeur du patrimoine monumental renouvellent le visage de la cité. Une diversification amorcée dans les années 1970, permet aux entreprises du verre, de l'électronique, de l'information et de la robotique, sans oublier l'important secteur-agroalimentaire, de préparer ses 21 000 habitants à affronter  l'avenir avec sérénité.

 

  

  François-René de Chateaubriand  

 

François René de Chateaubriand vient souvent à Fougères, à Marigny en Saint Germain en Coglès et à la Sécardais à Mézières-sur-Couesnon où habitent trois de ses sœurs, Marie-Anne de Marigny, Bénigne de Québriac et Julie, comtesse de Farcy. On peut découvrir leurs hôtels particuliers au hasard des rues de Fougères. Vers 1790, l’auteur des Mémoires d’Outre-Tombe y vend des bas de fil afin de payer ses dettes. En 1791, Chateaubriand rencontre le marquis de la Rouërie, compagnon de La Fayette et chef de la Conjuration bretonne. En 1796, Lucile, la sœur préférée de l’écrivain épouse le Chevalier de Caud gouverneur de Fougères.

"Chez mes sœurs, la province se retrouvait au milieu des champs. On allait dansant de voisins en voisins, jouant la comédie dont j’étais parfois un mauvais acteur. L’hiver, il fallait subir à Fougères la société d’une petite ville, les bals, les assemblées, les dîners".

 

   Honoré de Balzac  

 

Balzac n’a pas encore trente ans quand il arrive Fougères en septembre 1828. Il demeure jusqu’en octobre chez Gilbert de Pommereul, le fils d’un ami de son père. De la fenêtre de l’actuel presbytère, son œil embrasse l’horizon jusqu’à la colline de la Pellerine en Mayenne. Il visite le château, les églises Saint-Léonard et Saint- Sulpice. Il aime se promener sur " la Place aux Arbres ". Il se rend à Marigny à Saint-Germain en Coglès. Pendant son séjour, il amasse les matériaux qui lui permettront d’écrire " Le dernier Chouan ou la Bretagne en 1800 ". Publié en 1829, ce roman plus connu sous le titre " Les Chouans ", sera le premier de la Comédie Humaine. L’écrivain eut même l’idée de se présenter au poste de Député de l'arrondissement de Fougères. Son ami Gilbert de Pommereul l’en dissuada.

 

 

 

  Victor Hugo   

 

Accompagné de sa maîtresse Juliette Drouet, Victor Hugo découvre Fougères, en juin 1836, lors de son excursion en Bretagne. De ses pérégrinations dans les rues de la cité bretonne, l’écrivain ramène plusieurs dessins : le château de Fougères vu de la Place aux Arbres, la Porte Notre-Dame, la Tourgue, une gargouille de l’église Saint-Léonard. Il y puise surtout l’inspiration de son roman " Quatre-vingt-treize " qui sera publié en 1874. L’un des personnages du roman porte le nom de naissance de Juliette : Gauvain.

 

"Je suis à cette heure dans le Pays de Fougères, dans une ville qui devrait être pieusement visiter par les peintres, dans une ville qui a un vieux château flanqué de vieilles tours les plus superbes du monde...J'ai vu cela au soleil, je l'ai vu au crépuscule, je l'ai revu au clair de lune et ne m'en lasse pas, c'est admirable".

 

  

Juliette Drouet

 

 

Juliette Gauvain est née à Fougères en avril 1806. Son père était un chouan. Très tôt orpheline, Juliette se retrouve à Paris dans un pensionnat religieux. Elle devient comédienne. Elle prend alors le nom de son oncle Drouet qui l’a élevée. Maîtresse du sculpteur Pradier, il la représente sous les traits de la statue symbolisant Strasbourg, place de la Concorde à Paris. En 1831, alors qu’elle interprète le rôle de la princesse Négroni dans " Lucrèce Borgia ", elle rencontre Victor Hugo. Elle sera son amante, sa muse et son inspiratrice. En 1852, elle l’accompagne dans son exil à Guernesey. Elle lui écrira des milliers de lettres dont la bibliothèque de Fougères en conserve plusieurs, voici l'une d'elles.

 

" 30 janvier, samedi soir 9h (1835 ou 1836)

pauvre cher petit toto, tu n'es pas revenu, tu auras encore été pris par une conversation longue et fatiguante (sic) et qui t'aura fait mal. Je voudrais déjà t'avoir revu pour savoir comment tu vas. Je voudrais t'avoir auprès de moi pour te caresser et te soigner bien comme il faut".

 

  Jean Guehenno   

 

Ecrivain, né à Fougères en 1890. Fils de cordonnier, employé d’usine malgré lui, il travaille seul et obtient son baccalauréat. En 1911, il est reçu à Normale Sup. Blessé pendant la Première Guerre, il devient enseignant puis écrivain. Pendant l’occupation, il participe activement à la Résistance intellectuelle. A la Libération, il est directeur des Mouvements de Jeunesse et de Culture Populaire. En 1962, il est élu à l’Académie Française. Il sera rédacteur en chef de la Revue Europe (1929-1936) puis du journal Vendredi (1935-1938), chroniqueur au Figaro (1944-1977), puis au Monde (1977-1978). Dans " Le Journal d’un Homme de 40 ans " (1934) et dans " Changer la Vie " (1961), Jean Guéhenno évoque sa jeunesse à Fougères et dans son pays natal.

 

  

Vous pouvez retrouvez "Les Amis de Jean Guéhenno" sur le site http://amis-de-guehenno.over-blog.com

 

 

  Général de La Riboisière  

 

Jean Baston de La Riboisière, condisciple de Bonaparte à l’école d’artillerie de la Fère, général et baron d’Empire, inspecteur général de l’artillerie, joua un rôle décisif avec ses canons à Austerlitz, Iéna, Wagram, Eylau, Dantzig, Smolensk et à la Moskova, où l’un de ses fils, lui-même officier fut tué. Mort peu après à Königsberg, en Prusse, le Général fut inhumé aux Invalides. Mais  son coeur repose au Château de Monthorin à Louvigné du Désert.

La statue équestre du Général, due au sculpteur Récipon, a retrouvé en 1999 la place qu’elle avait quittée en 1942.

 

 

  Armand Ruffin Marquis de la Rouërie  

 

Né à Fougères, en 1751, Armand Tuffin de la Rouërie s'est couvert de gloire en Amérique sous le nom du Colonel Armand, pendant la Guerre d'Indépendance. Il demeure l'ami de Washington. Rentré à Paris, il se fait l'ardent défenseur des privilèges bretons. A Saint-Ouen-la-Rouërie, peu avant 1789, il fonde l'Association bretonne qui en 1791-1792 prépare une insurrection, mouvement contre révolutionnaire. Trahi par un de ses amis, traqué, il meurt d'épuisement au château de la Guyomarais (Côte d'Armor) le 30 janvier 1793. Il sera décapité post-mortem.

 

 

Georges Franju

 

Georges Franju est né en 1912 à Fougères, qu'il quitte adolescent pour Paris. Passionné par le cinéma, il s'oriente vers la création d'affiches puis rencontre Henri Langlois avec qui il fonde la cinémathèque. A partir de 1958 il réalise plusieurs films dont "La Tête contre les murs", "Thérèse Desqueyroux", "Les yeux sans visage" et "Judex".  Il meurt en 1987. 

Réalisation : Alkante